| Déclaration des élus sur le budget communal |
| Vendredi, 06 Mars 2009 18:15 |
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Monsieur le Maire, Ce rapport introductif d’orientation budgétaire pour 2009 se situe dans une période exceptionnelle pour l’économie mondiale depuis la 2ème guerre mondiale. En effet, pour une fois tous les économistes sont d’accord pour pronostiquer une année 2009 particulièrement difficile avec une récession qui devrait frapper toutes les économies occidentales. Dans le passé récent, nous avons régulièrement dénoncé vos prévisions de croissance optimistes, qui étaient régulièrement démenties par la réalité. Force est de constater que nous pouvons nous accorder sur le constat que vous faites aujourd’hui. Pour faire face à une telle situation, les gouvernements ont pris des mesures, de manière dispersée en Europe, ce qui est regrettable. Celles prises en France sont très insuffisantes. Dans une économie où la croissance est surtout soutenue par la consommation des ménages, l’aide aux ménages n’est pas à la hauteur de l’ampleur de la crise. Vous-mêmes, ne mentionnez que la prime pour le remplacement des véhicules automobiles de plus de 10 ans. La priorité pour un ménage inquiet pour son avenir est-elle de changer son véhicule ? On ne peut être que réservé sur l’efficacité des mesures prises par le gouvernement. Déjà la loi TEPA avait montré son peu d’efficacité pour relancer la croissance et créer la confiance. Comme l’indique un rapport de M. Carrez député UMP, elle a bénéficié d’abord à ceux qui ont de gros revenus et en ce sens elle a rempli parfaitement son rôle. Par exemple, on a favorisé la richesse transmise et non la richesse acquise : on peut désormais transmettre 150 000 euros à chaque enfant tous les six ans sans payer aucun impôt (contre 50 000 euros antérieurement). Lorsque Nicolas Sarkozy lançait son slogan « travailler plus pour gagner plus », il fallait comprendre « hériter plus pour travailler moins ». Et que dire, de la défiscalisation des heures supplémentaires. Son inefficacité, je dirais même son inutilité apparaît encore plus crûment avec la crise. Parler d’heures supplémentaires est hors de propos lorsque le chômage partiel se multiplie et lorsque le principal souci des salariés est d’abord de conserver leur emploi. Vous parlez de mesures en faveur du logement et de la solidarité et de soutien à la construction de logements privés. En période d’incertitude sur l’avenir, l’aide aux ménages pour l’acquisition de leur logement risque également d’avoir peu d’effet. Rétrospectivement, on peut dire que la France l’a échappé belle si on se souvient des effets de tribune du candidat Sarkozy. De retour des Etats-Unis il se plaignait de ce que les français étaient trop peu endettés. Il louait les crédits hypothécaires, (la traduction en français des subprimes) et voulait changer les règles prudentielles imposées aux banques. En nous épargnant de telles dérives, la crise a eu au moins un aspect salutaire. Le plan de relance de l’économie en 2009 du gouvernement n’est que pour une moitié de son montant un soutien à l’investissement, le reste étant des remboursements accélérés de créances détenues par l’Etat aux entreprises. Seuls 4 milliards d’euros sur 26 sont destinés aux ménages. Il est clair que ce plan est grandement insuffisant notamment comparé à celui des grandes autres nations européennes. Autrement dit, l’inefficacité des orientations économiques adoptées à l’aube du septennat de Nicolas Sarkozy et la faiblesse du plan de relance du gouvernement contre la crise nous laissent peu d’espoir sur l’opportunité de résister efficacement à la crise. Ceci rend peu crédible l’objectif de maîtrise des dépenses publiques. Afin d’aboutir à un équilibre des comptes des administrations publiques, les finances locales vont désormais être pilotées par la contractualisation financière pluriannuelle sur 2009-2012. On a de quoi être fortement circonspect devant le scénario retenu. Il se base sur une croissance moyenne du PIB de +2,5 % et une inflation de 1,75 % sur la période 2010-2012. Depuis l’année 2000, jamais la croissance en France n’a été supérieure à 2,5%. On voit mal avec la crise mondiale comment on pourrait faire en période de crise ce qu’on n’a pas su faire dans une période où la croissance était soutenue. La DGF prévisionnelle que vous avez arrêtée pour établir le budget me semble quelque peu inférieur à la réalité. Avec une revalorisation du taux d’inflation de 2% et une augmentation d’environ 200 000 € due aux 2 000 habitants supplémentaires on dépasse l’augmentation de 0,7% par rapport à l’an dernier que vous avez retenue. Pourquoi cette sous évaluation ? Quant à la DSU, vous laissez entendre qu’à partir de 2010, notre commune ne serait plus éligible en raison d’une prochaine réforme que projette le gouvernement. Vous écrivez que les conditions d’éligibilité, les critères de calcul et le renforcement de la péréquation vont être revus. Le gouvernement devrait ajouter dans ses critères d’attribution une condition selon laquelle les sommes allouées reviennent effectivement à la solidarité. Dans ce cas, concernant Maisons-Alfort, l’incertitude sur l’éligibilité serait levée et dès à présent on pourrait faire le deuil de cette dotation. Les dépenses d’investissement les plus importantes sur des projets nouveaux concernent l’aménagement des bords de Marne dont on ignore encore quel sera le projet définitif, la crèche du quartier d’Alfort et les travaux d’extension de la maternelle Paul Bert. Ce dernier projet vise à corriger les erreurs qui ont été commises lors de l’aménagement du quartier d’Alfort. Le dimensionnement du centre scolaire Pasteur a été mal étudié et il apparaît qu’il ne peut plus accueillir tous les enfants. On va donc supprimer la maternelle à Pasteur. De la sorte, certains parents devront faire tous les jours un rallye en traversant 2 avenues à grande circulation s’ils ont des enfants en bas âge : école primaire Pasteur-maternelle Paul Bert, crèche-maternelle Paul Bert ou bien parfois les 3. Certains maisonnais du quartier nous avaient dit ressentir un sentiment d’abandon de la municipalité lors de l’élection municipale. Cette réponse insatisfaisante ne manquera pas de les conforter dans ce sentiment. Comme chaque année, pour étoffer votre document, vous dressez la liste a priori exhaustive de tous les travaux à engager dans les bâtiments publics, de la mise en peinture de telle menuiserie jusqu’au remplacement des obstacles du mini-golf du parc La Fontaine. Il manque un domaine de taille dans toutes ces dépenses. Car si vous parlez longuement de la crise économique, vous occultez complètement une autre crise qui est la crise environnementale. C’est à croire que le Grenelle de l’environnement n’a pas eu lieu. Pourtant les décisions à prendre nous engagent pour l’avenir et les investissements vont être importants et de longue haleine. Pas un mot sur ce point. Même pas la moindre étude pour évaluer l’étendue des investissements. Il est vrai que votre programme municipal est peu disert. Par exemple, il y apparaît le souci de prendre en compte la Haute Qualité Environnementale pour les équipements publics nouveaux. Mais quid des bâtiments actuels. Il ne serait pas inutile, par exemple, de diligenter une étude au moins sous l’angle de l’isolation thermique comparable à celle qui existe pour l’amiante. Il suffit de regarder la vétusté des fenêtres de l’hôtel de ville pour s’apercevoir qu’il y a fort à faire. Les particuliers sont tenus de produire un tel document avant de mettre en vente leur appartement. Avant de rédiger un guide pour les maisonnais il serait bon que la ville montre l’exemple. Bien que vous ignoriez la crise environnementale, on aurait pu imaginer pour le moins que les orientations budgétaires pour 2009 tiendraient compte de la situation exceptionnelle créée par la crise économique et qui va avoir un impact important sur les ménages maisonnais. Votre budget prévisionnel est d’une banalité désarmante : un budget classique de début de mandature. Une forte augmentation des impôts locaux qui ne se justifie par aucun projet ni dépense particulière. Autrement dit, les maisonnais seront soumis à une double peine : d’une part les difficultés de la conjoncture économique et son cortège de souffrance avec le chômage et les fins de mois difficiles, d’autre part une hausse de 10% des impôts locaux. |