En cause : les particules fines émises essentiellement par les moteurs diesel et leur carburant gazole, qui est traditionnellement moins taxé en France que le « super ».
Selon l'Organisation mondiale de la santé, les particules fines qui viennent s'incruster dans nos poumons sont responsables de 42 000 morts prématurées en France chaque année. C'est dix fois le nombre de tués en 2011 sur les routes de l'Hexagone !...
Le gouvernement a bien lancé un timide « plan particules » en 2011.
Pourtant, alors que le transport routier est le principal responsable des émissions des particules fines les plus nocives, le gouvernement a considérablement allégé l'écotaxe poids lourds mise en oeuvre dans le cadre du Grenelle de l'environnement.
La France a été montrée du doigt, plusieurs fois, pour non respect des dispositions relatives aux particules fines contenues dans la directive européenne sur la qualité de l'air.
A l'heure où les prix des carburants battent tous les records, est-il électoralement correct de réclamer une hausse des taxes sur le gazole, au nom des dizaines de milliers de maladies respiratoires et de cancers mortels dont sa combustion est chaque année responsable ?
Le gazole est un carburant plus lourd que l'essence : son pouvoir énergétique est supérieur, et c'est pour ça qu'il permet de consommer moins de litres au cent – d'où son succès en France. Mais aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou encore en Suisse, le gazole est logiquement vendu plus cher que l'essence.
(Ah oui, un rappel non accessoire : si l'on prétend lutter sérieusement contre le double péril du réchauffement climatique et du pic pétrolier, il faudra d'une façon ou d'une autre que les carburants deviennent beaucoup, beaucoup plus chers...)
(Et à propos du pic pétrolier, vous pouvez toujours signer l'appel paru la semaine dernière sur le site du Monde.)

