Après Paris, c'est Marseille, deuxième plus grande ville de France, qui a annoncé son plan « 1 000 caméras ». La question était à l'ordre du jour du Conseil municipal extraordinaire qui avait lieu ce lundi 30 mai dans la cité phocéenne. De fait, les municipalités de toutes tailles, de la grande métropole jusqu'au village de zone rurale, sont de plus en plus nombreuses à s'équiper en vidéosurveillance. Elles répondent en cela à une « priorité absolue » (François Fillon) de la politique de sécurité depuis 2007. Et pourtant, l'efficacité de cette technologie est tout sauf démontrée du point de vue scientifique.
L'absence d'aménagement de peine aggrave le risque de récidive des sortants de prison
LE MONDE 01/03/2012 (reprenant un article du 15 /11/2011)
La récidive est à la fois le tourment et l'obsession de la majorité : sept lois ont été votées depuis 2004, visant toutes à durcir les peines ; Eric Ciotti, le député UMP de Nice et bras armé du chef de l'Etat à l'Assemblée, ne jure d'ailleurs que sur "le caractère dissuasif de la sanction".
La récidive est pourtant un phénomène assez mal connu, et il est douteux que l'alourdissement des peines puisse la réduire. Une passionnante étude de la direction de l'administration pénitentiaire, passée assez inaperçue cet été dans les Cahiers d'études pénitentiaires et criminologiques, vient utilement recadrer le débat, et indirectement proposer des solutions.
Toujours plus gros les fichiers de police sont incontournables
LE MONDE 22/12/2011
Les fichiers de police sont comme les jardins : il faut les entretenir. Voilà tout le défi auquel ont bien du mal à faire face les ministères de l'intérieur et de la justice, à lire le rapport d'information des députés Delphine Batho (PS, Deux-Sèvres) et Jacques-Alain Bénisti (UMP, Val-de-Marne), déposé mercredi 21 décembre. Car le jardin est luxuriant : de 58 fichiers en 2009, on est passé à 80 en 2011, dont 45 % attendent d'être légalisés (ils n'étaient que 27 % dans l'attente en 2009). Et le nombre de personnes fichées ne cesse d'augmenter : le système de traitement des infractions constatées (STIC), grand fichier judiciaire, est passé de 3,96 millions de mis en cause en 2009 à 6,5 millions en 2011, et de 28 millions à 38 millions de victimes. Le fichier des empreintes génétiques (FNAEG), de 800 000 à 1,79 million sur la même période.
La "vidéo protection", une gabegie
Blog de Laurent Mucchielli 31 mai 2011
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Etrangers et délinquance: fausses évidences statistiques, vraies manipulations politiques
Blog de Laurent Mucchielli 11 janvier 2012
http://www.laurent-mucchielli.org
Interviewé sur RMC et BFM TV mardi 10 janvier, dans le cadre d'une série d'annonces concernant la politique d'immigration, le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a déclaré qu'« il y a un taux de délinquance parmi la population étrangère qui est entre deux et trois fois supérieur à la moyenne ». Le ministre a précisé qu'il avait « fait faire des études par l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) », dont « les conclusions arrivent peu à peu » et qui montreraient que « il y a une augmentation ». Il s'agit donc à nouveau de petites phrases suggérant un lien important entre population étrangère et délinquance, sous couvert d'une apparente neutralité du fait des études d'un organisme dépendant en réalité directement du pouvoir politique (l'Observatoire national de la délinquance), le tout dans une grande imprécision.
Le procédé est ancien, c'est même un classique politique en période électorale. Il s'agit au fond de conforter les électeurs plus ou moins ouvertement xénophobes qui verront dans ces affirmations et dans les statistiques - si imprécises soient-elles - la traduction directe d’une « évidence » dans la réalité. Mais les apparences sont parfois trompeuses et surtout le racisme est un genre de myopie qui empêche de voir précisément les choses. Les recherches disponibles révèlent et mesurent en effet les multiples discriminations qui, depuis les contrôles au faciès jusqu’à l’exécution des peines, expliquent en partie la « surreprésentation » des personnes de nationalité étrangère dans la délinquance enregistrée par les institutions pénales. Dès lors, on ne peut pas prétendre mesurer par ce biais les comportements délinquants parfois bien réels attribuables à des personnes de nationalité étrangère.
2002-2012 Le bilan de la politique de sécurité de Nicolas Sarkozy
Blog de Laurent Mucchielli 16/01/2012
(http://www.laurent-mucchielli.org)
C’est un rituel : chaque année, vers le milieu du moins de janvier, le ministre de l’Intérieur présente à la presse les « chiffres de la délinquance » de l’année écoulée. Ce 17 janvier 2012, Claude Guéant va donc sacrifier à la tradition. Cette tradition veut aussi que le ministre de l’Intérieur transforme ce bilan en un exercice de communication politique célébrant les vertus de sa « volonté politique » qui aura su imposer aux forces de l’ordre un travail toujours plus efficace et faire ainsi reculer la délinquance.
L’on a déjà à maintes reprises décortiqué les chiffres annoncés, souligné les artifices utilisés pour les rendre favorables, rappelé comment ils sont produits et expliqué au final pourquoi ils ne peuvent malheureusement pas constituer une véritable mesure de l’évolution des délinquances (voir le commentaire du bilan 2010). De plus, la presse a révélé en octobre dernier une note interne du Directeur général de la Gendarmerie nationale, en date du 15 septembre 2011, qui expliquait en détail à ces troupes quelles étaient les consignes du ministère de l’Intérieur pour produire à la fin de l’année les « bons chiffres » (voir par exemple ici et ici). Il faudrait donc être particulièrement ignorant ou hypocrite pour prendre pour argent comptant ceux mis en avant aujourd’hui par Claude Guéant. C'est pourquoi, plutôt que de faire un énième exercice de critique statistique, il a paru ici plus intéressant - à quelques mois des élections présidentielles et législatives - de dresser un rapide bilan des dix années écoulées au cours desquels ce sont les mêmes hommes (l’entourage de Nicolas Sarkozy) qui nous ont gouverné.
Que fait la justice pénale? Le bilan statistique de l'année.
Source: Blog de laurent Mucchielli (sociologue) 05/01/2012
(http://www.laurent-mucchielli.org)
Les « chiffres clefs de la justice » ont été publiés par le ministère de la Justice début décembre 2011. Ils donnent les principaux repères concernant l’activité de la Justice en 2010. Par ailleurs, à la fin du même mois de décembre, le site Internet du ministère a également mis en ligne le volume statistique annuel intitulé « Les condamnations », toujours pour l’année 2010. Ensemble, ces productions permettent de faire un bilan chiffré de l'activité de la justice pénale ainsi que de la partie de la délinquance qu'elle traite. Comme toujours, ce bilan réserve quelques surprises tant les discours politiques et le traitement médiatique des faits divers sont éloignés de la réalité quotidienne des commissariats de police, des brigades de gendarmerie et des palais de justice.
