3e Café débat – compte-rendu

Notre 3e café débat sur le thème du Grand Débat Local a rassemblé mardi 26 février de 20 à 30 personnes. Ouverture, dialogue, écoute et respect des opinions étaient bien au rendez-vous !

Nous avons formé cinq groupes de travail : deux sur la fiscalité et les dépenses publiques, un sur les services publics, un sur la transition écologique et un sur la démocratie.

Chaque groupe a travaillé successivement sur l’identification de problèmes vécus, la recherche de leurs causes et les propositions de solution.

Le porte-parole de chacun de ces groupes a restitué une synthèse de la réflexion menée en commun et les propositions auxquelles elle permettait d’aboutir.

La richesse des échanges et des restitutions nous permettra très certainement d’envisager de continuer le travail ultérieurement dans d’autres ateliers !

Le compte-rendu rassemblant les propositions thématiques qui seront transmises dans le cadre du grand débat national sera publié prochainement.

 

Démocratie locale et participation : Service minimum à Maisons-Alfort

Après avoir fait la sourde oreille fin 2018, notre ville a mis à disposition des Maisonnais une urne pour recueillir leurs doléances et renvoie laconiquement au site du Grand Débat.

Point final. C’est tout ? Oui, c’est tout !

Le débat ne serait-il que national ? N’y aurait-il aucun sujet local qui ne puisse faire l’objet de discussion construites, argumentées, ouvertes et constructives, et qui ne réduise pas à quelques mots échangés çà et là au détour d’un marché ou d’une kermesse ? Le partage de l’espace public, l’urbanisation galopante, l’impact de la ligne 15 au Vert-de-Maisons, le commerce, l’artisanat et l’économie locale, la représentation des quartiers et bien d’autres sujets encore ne mériteraient-ils pas débat ?

Citoyens et mouvements locaux ont donc pris l’initiative et organisé leurs propres ateliers, souvent par leurs propres moyens. Notons que notre groupe municipal s’est vu refuser un accès gracieux à une salle de la ville.

Déni de démocratie également quand les interventions des groupes d’opposition sont rapportés aléatoirement dans les comptes-rendus des commissions, et ne sont pas transcrites dans ceux du conseil municipal. Autre exemple, le 21 février lorsque M. Capitanio refuse d’inscrire une question diverse portant sur les moyens de recharge de véhicules électriques à Maisons-Alfort.

Harmonie ? Démocratie et communication politique sont différentes. Une ville n’est pas un musée d’arbres remarquables, un écosystème sous contrôle. C’est un biotope complexe qui se nourrit de sa société civile, avec une équipe municipale qui ne gouverne pas POUR les habitants, mais AVEC eux.

Maisons-Alfort : c’est vous !
Xavier COHARD, Marie-Line DUCRÉ, Gilles BETIS

Pour une politique locale des mobilités

Depuis 2015, la loi de transition énergétique permet de créer des zones à faibles émissions (ZFE), et la Maire de Paris fut la première à en créer une. Une consultation pour son extension vient d’être lancée auprès des 79 communes situées à l’intérieur de l’A86, à l’initiative de la Métropole du Grand Paris. Dès le 1er juillet 2019, les véhicules les polluants, Crit’Air 5 et non classés, ne pourraient plus circuler dans ce périmètre. Quelle sera la position du Maire de Maisons-Alfort à ce sujet ?

Ces restrictions, incontournables compte tenu des enjeux de santé publique, doivent être socialement justes, pour ne pas accentuer les clivages sociaux et territoriaux. C’est une des leçons à tirer de la révolte des gilets jaunes. 

Une politique locale des mobilités doit être mise en œuvre. Plus de la moitié des déplacements en Ile-de-France font moins de 3 km, 9 fois sur 10 seul en voiture. Au sein de notre ville, favorisons la marche et le vélo, découragés par les carences des aménagements urbains et le stationnement sauvage. 

Les rares pistes cyclables réalisées sur la commune, principalement grâce au département, ne permettent pas de développer une accessibilité douce et apaisée aux infrastructures communales. À l’instar d’autres grandes villes, il faut organiser des transports de proximité et réaliser un accompagnement social à la mobilité, grâce à la réorganisation de l’espace public et à l’aide au citoyen pour développer de nouvelles habitudes.

Loin de l’harmonie sylvestre professée par notre Maire lors de ses vœux, de telles mesures, aujourd’hui inexistantes, iraient dans le sens du progrès social et écologique à Maisons-Alfort. 

Maisons-Alfort : c’est vous !
Xavier COHARD, Marie-Line DUCRÉ, Gilles BETIS

Citoyen électeur et courtisé un jour, simple administré pendant plusieurs années

On connaît le coût de la démocratie, mais quel est le prix de son déni au quotidien ? 

Déjà dix morts liés au mouvement des Gilets Jaunes. Une centaine de millions de dégâts. Un à deux milliards de manque à gagner pour le commerce en cette fin d’année. L’impact sur le PIB et le déficit budgétaire de la France prouvera malheureusement qu’on ne peut espérer un développement économique pérenne que dans le cadre d’une société inclusive et attentive à toutes ses parties.

L’affichage libre fait partie des moyens qui nous sont donnés d’être citoyens 365 jours par an. Lorsque le Maire dénigre notre démarche en parlant uniquement d’affichage politique, nous l’encourageons à relire l’article R581-2 et les suivants, où le législateur parle d’affichage d’opinion et de publicité relative aux activités des associations. Aujourd’hui, les seules associations qui disposent de panneaux (sous clef) sont celles adhérentes à l’OMC et à l’OMS. Quid des autres, que l’on croise tous les 2 ans, exclues, à l’extérieur du Forum des Associations ?

Doit-on « tenir » sa ville, ses associations, sa société civile, ou bien œuvrer à faciliter son développement économique, social et culturel ? Faut-il formater les esprits, ou améliorer leur capacité à comprendre tout aussi bien les problèmes du quartier que ceux du Monde ? Les citoyens ne sont ni de simples réserves de voix ni des consommateurs de services publics ou d’activités associatives. Ils aspirent à jouer le rôle qui leur revient dans la construction responsable de leur quotidien.

Nous souhaitons aux Maisonnais une très bonne et très heureuse année 2019. 

Maisons-Alfort : c’est vous !
Xavier COHARD, Marie-Line DUCRÉ, Gilles BETIS

Expression libre à Maisons-Alfort

À notre demande, Maisons-Alfort va satisfaire à l’obligation de disposer des panneaux d’affichage libre, réservés à l’affichage d’opinion et à la publicité relative aux activités des associations sans but lucratif. Lors du dernier Conseil Municipal, le Maire considérait cette obligation obsolète au vu des possibilités offertes par les réseaux sociaux. Plutôt amusant de la part d’une commune qui n’ose proposer à ses citoyens ni page Facebook, ni fil Twitter, se refusant ainsi à initier un dialogue ouvert, pratique, immédiat et efficace, au risque de se faire parfois interpeller si la situation l’exige !

Ces espaces d’expression permettront de partager informations associatives et points de vue AVEC TOUS, en complément des moyens Internet déjà utilisés. C’est un élément essentiel de démocratie locale POUR TOUS ceux qui ne disposent pas de 28 pages en quadrichromie et papier glacé tous les mois, et qui concilient leur engagement avec des vies familiale, professionnelle et sociale de plus en plus denses.

Difficile à comprendre pour qui a fait de la politique son métier. Maisons-Alfort est devenue une couveuse politique du parti Les Républicains, où le Maire, nommé en cours de mandat, utilise sa position pour se hisser à d’autres fonctions. En témoigne la nomination récente d’Olivier Capitanio à la présidence de la délégation LR du Val-de-Marne. Quelle sera sa prochaine ambition ? Député ? Sénateur ? Ce système atteint ses limites. Qu’on observe les taux d’abstention ou le récent mouvement des Gilets Jaunes, le peuple français crie sa désapprobation d’une oligarchie politique impuissante non pas à l’entendre, mais à l’écouter.

Maisons-Alfort : c’est vous !
Xavier COHARD, Marie-Line DUCRÉ, Gilles BETIS

Il y a 100 ans…

Le 11 novembre au soir, 3 jours après que les Allemands eurent accepté le principe de l’armistice et qu’il eut été signé, Georges Clemenceau confie : « Nous avons gagné la guerre et non sans peine. Maintenant, il va falloir gagner la paix, et ce sera peut-être encore plus difficile. » 

Ce centenaire doit être pour chaque citoyen l’occasion de réfléchir aux enseignements de cette commémoration. Il aura fallu une guerre mondiale supplémentaire pour qu’enfin la paix s’installe en Europe et que la construction d’une Union entre nos différents pays soit effective. 

Mais notre Union Européenne est aujourd’hui menacée, et la paix chèrement acquise pourrait l’être aussi. De l’intérieur, avec le Brexit et la montée régulière des partis nationalistes ou populistes et leur accès au pouvoir. De l’extérieur, avec les présidents de grandes puissances qui manipulent les opinions à force de « vérités alternatives » et de manipulations sur les réseaux sociaux pour tenter d’accélérer ce mouvement délétère. De l’extérieur encore, en étant impuissants à aider ceux qui souffrent de conditions politiques déplorables, de guerres et bientôt d’aléas climatiques dramatiques, à construire chez eux un futur prospère et désirable.

Nous avons un devoir de vigilance et de solidarité pour que le désespoir des plus vulnérables ne débouche pas sur les totalitarismes de demain, et sur les pires mouvements de population que nous n’aurons jamais connus en Europe. 

Le 11 novembre prochain, devant le monument aux morts de Maisons-Alfort, à l’heure du recueillement et des hommages à ceux qui voilà 100 ans se sont sacrifiés, nous aurons en tête ces pensées. Elles guideront nos actions futures. 

Maisons-Alfort : c’est vous ! 
Xavier COHARD, Marie-Line DUCRÉ, Gilles BETIS