Voici l’interview de Sophie Gallais parue dans le journal Première Heure – Ile-de-France le 30 mai 2017

Candidate pour le Parti socialiste sur la 8e circonscription, Sophie Gallais se lance à l’assaut d’un bastion de la droite du Val-de-Marne. Une tâche qui n’est pas aisée face Michel Herbillon, 66 ans, maire (LR) bien implanté de Maisons-Alfort, député sortant, élu à l’Assemblée nationale depuis 1997. En 2012, avec 13 candidats, à l’issue du premier tour, M. Herbillon (alors UMP) avait viré en tête avec 46,9%, suivi de la candidate socialiste Patricia Richard, 32,4%. Lors du second tour, M. Herbillon l’avait emporté avec 56,4% des voix, Mme Richard recueillant 43,6%, un score honorable. Mais Mme Gallais se présente en juin 2017 dans un tout autre contexte, plus difficile encore, avec la présence d’une candidate «La République en Marche!» qui pourrait lui prendre des voix. Il y a pour ce premier tour des législatives 15 candidats sur cette 8e circ. du Val-de-Marne. Le point avec la candidate qui, sans se démonter, mène campagne et organise une réunion électorale aujourd’hui mardi 30 mai à 20 heures, École Parmentier, 57 avenue du Général-de-Gaulle à Maisons-Alfort. Mme Gallais a pour suppléant Joao Martins- Pereira, 21 ans, résidant à Charenton.

PH: Dans les documents du PS, on apprend que vous avez 46 ans et que vous habitez à Maisons-Alfort depuis 2004. Pouvez-vous vous présenter plus complètement ?

Sophie Gallais : J’ai passé mes années de lycée à Trappes, au Lycée de la Plaine de Neauphle, dans les Yvelines. Après un bac A1, je voulais être journaliste, et je me suis dit que la géographie, c’était bien pour comprendre et connaître le monde. J’ai fait mes études à l’Université de Paris VIII jusqu’à la maîtrise où j’ai eu la chance d’avoir des professeurs passionnants comme Yves Lacoste ou Charles Lecoeur. J’ai fait des stages dans des collectivités locales, plus particulièrement à La Rochelle où j’ai toutes mes racines familiales. Après un DESS en développement local et aménagement à Jussieu, j’ai trouvé un poste dans l’Essonne dans le secteur de l’enfance. J’avais notamment comme mission la création d’une ludothèque publique dans un quartier très défavorisé. Après ma réussite au concours d’attaché, j’ai poursuivi ma carrière dans une commune de la petite couronne en tant que responsable de la petite enfance, des affaires sociales, du handicap. Aujourd’hui, je gère un service d’aide et d’accompagnement à domicile, un service de soins infirmiers à domicile et des résidences pour personnes âgées à Paris. J’ai toujours été de gauche : mon engagement politique au Parti socialiste, en 2012, est lié à une raison très personnelle : ma fille a un handicap dit invisible.
En 2012, j’étais en colère face à une sorte d’indifférence, voire de mépris de la part d’adultes ou d’institutions. Je considère que les politiques ont à porter une politique inclusive des personnes en situation de handicap ou au chômage et souvent isolées. Voilà le sens de mon engagement.

PH : Faut-il plus que du courage pour être candidate dans une circonscription de droite et où se présente, de plus, une candidate de «En Marche!» ?

SG : Effectivement, on pourrait décliner plusieurs courages. Le courage de proposer sa candidature, le courage de se présenter dans un bas- tion de la droite, le courage d’aller vers les citoyens malgré une crise du Parti socialiste et l’émergence d’un nouveau mouvement. Mais je ne confonds pas une crise d’appareil ou de structure avec une crise idéologique. Je crois plus que jamais que les valeurs, les convictions de la gauche sont à défendre. Des deux partis que vous venez de citer, je ne vois rien dans leur programme pour lutter contre la précarité et les inégalités. Je ne vois rien, par exemple, concernant la prise en charge du handicap, seulement de vagues promesses pour créer des établissements spécialisés. Combien ? Dans combien de temps ? Je vois en revanche des leaders politiques qui annoncent de façon précise la suppres- sion de postes de fonctionnaires. Et au niveau local, je ne vois rien concernant l’avenir du plus gros bouchon européen : l’A4 qui entache les conditions de vie
des habitants des quatre communes de notre circonscription (Charenton, Saint-Maurice, Joinville, Maisons-Alfort, NDLR).

PH : Comment analysez-vous la situation politique sur la circonscription ?

SG : La situation politique est caricaturale. D’un côté, le député-maire sortant (Michel Herbillon, NDLR) brigue son cinquième mandat, en mettant en avant sa bonne gestion de maire mais en n’insistant pas sur son rôle de député. Rappelons qu’il a voté contre le mariage pour tous, contre la transparence de la vie publique et qu’il a soutenu jusqu’au bout François Fillon en l’invitant à Maisons-Alfort en pleine crise du «Penelope Gate». D’un autre côté, la candidate «En Marche!» (Jennifer Douieb-Nahon, NDLR) se présente comme étant représentante de la société parce qu’elle est ni-ni, ni droite, ni gauche, parce qu’elle est avocate fiscaliste, recrutée par un «profiler» à la suite d’une conversation téléphonique. Je ne vois pas comment donner un blanc-seing à quelqu’un qui défend des personnes qui ont pour objectif de payer le moins d’impôt possible. Par conséquent, plus que jamais, je souhaite défendre un projet de gauche.

PH : Comment organisez-vous votre campagne ?

SG : C’est un travail d’équipe avec un comité de campagne qui s’est réuni régulièrement depuis janvier et des militants et sympathisants engagés. Nous sommes présents sur les marchés, dans les quartiers autant que possible. Je suis joignable via les réseaux sociaux twitter, Facebook et les sites du PS. Et je jongle entre mon travail et la campagne électorale.

PH : Comment interprétez-vous le phénomène «En Marche!» ? Correspond-il à une demande de la société ?

SG : On peut apporter les raisons suivantes pour expliquer le phénomène «En Marche!» : la déception des citoyens lors du dernier quinquennat et une stratégie de campagne reposant sur la nouveauté, un optimisme, et une dynamique de réseaux incontestable. Pour autant, ce nouveau parti va-t-il fonctionner comme aux Etats-Unis, être un parti qui se réveille seulement pendant des élections, cela reste à voir… Va-t-il durer ? Peut-être. J’ai appris à la radio que ce nouveau parti souhaitait créer une sorte de fondation comme la fondation Jean-Jaurès ou Terra Nova. Ils cherchent un socle de valeurs communes. Alors, tout est possible…

PH : Après le 18 juin, second tour des législatives, faudra-t-il, de votre point de vue, reconstruire le Parti socialiste ?

SG : Oui, c’est une attente forte des militants et sympathisants. Il faut réfléchir au choix de notre leader, au programme, mais surtout au dialogue à établir de façon continue avec les citoyens. Il y a un besoin d’écoute et d’échanges dans la durée : on ne peut pas passer à côté.

Première Heure / tess.communication@wanadoo.fr / Directeur Christian Souquet-Basiège / Mardi 30 Mai 2017

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