Le Maire de Maisons-Alfort explique à qui veut l’entendre que l’État a imposé à notre commune un « choc financier » sans précédent : baisse des dotations, revalorisation des salaires des fonctionnaires, péréquation intercommunale, réformes des rythmes scolaires.

Il y a quelques mois une banderole avait même été installée sur le fronton de la mairie, indiquant « commune en danger ». Pourtant la ville n’a pas vu son endettement progresser, les tarifs de ses prestations augmenter ou les taux d’imposition s’accroître de nouveau.

À en croire le Maire, le salut de nos finances ne viendrait que de son exceptionnelle capacité à gérer son budget.

La réalité est pourtant loin d’être à l’image de ce compte de fée et notre Zorro budgétaire n’a en réalité que peu de mérites : Explications :

Baisse de la dotation générale de fonctionnement (DGF) : quand le sage montre la lune, le sot regarde le doigt.

La DGF devrait baisser cette année encore de 500 000 euros à 6,930 millions. Une baisse un peu moins importante que prévue initialement, comme l’avait annoncée François Hollande.

Malgré la baisse de la DGF, les recettes de la commune augmentent de 0,4% (+300 000 euros) et passent de 74,588 millions à 74,877 millions.

La baisse de la DGF est en réalité largement compensée par d’autres recettes (Evolution des bases fiscales, dotation de la CAF etc…).

Ainsi dès lors qu’on ne regarde plus uniquement la baisse de la DGF mais plutôt l’évolution des recettes de la commune dans leur totalité, on se rend compte que la situation financière de la commune n’est en rien menacée par la baisse de la DGF.

La participation au Fond de Péréquation Inter-Communal (FPIC), une discrète économie pour la commune.

En 2015, la commune avait versé 1,290 millions contre 658 000€ en 2016. En 2017, la participation au fond de péréquation est estimée à 660 000 euros. Pourquoi cette baisse de notre contribution ?

La Métropole du Grand Paris (MGP) se met progressivement en place et cela a un impact sur le mode de calcul de la contribution au FPIC qui se fait désormais au niveau du territoire (Territoire Marne et Bois). Les modalités de calcul induisent une économie qui compense la perte d’une partie de la DGF.

Une revalorisation des salaires des fonctionnaires regrettée par le Maire

Le Maire se plaint des différentes mesures de revalorisation des salaires des emplois de catégorie C et B de la fonction publique. Il est nécessaire de rappeler que la catégorie C notamment correspond aux salaires les plus bas et que depuis 2010 années les salaires étaient gelés.

Si ces mesures, ont couté à la commune, il convient d’observer qu’elles font suite au gel du point d’indice que les mêmes fonctionnaires territoriaux ont subi pendant 6 ans, soit une économie estimée à 2,23 millions d’euros pour la commune. Au final ce sont bien prés de 860 000 euros qui ont été économisés sur la masse salariale depuis 2010. Les plaintes du Maire, semblent bien malvenues…

La réforme des rythmes scolaires ou les dépenses fantômes.

Pour mémoire, la majorité municipale s’est totalement opposée à la réforme des rythmes scolaires, indiquant qu’elle entraînerait une dépense supplémentaire de 700 000 euros/an. Puis, le Maire a réajusté son calcul et nous annonce que cette mesure a entraîné une augmentation de 450 000 € en fonctionnement. .

Pourtant, le budget des centres de loisirs est passé de 3,3 millions en 2014, à 3,1 millions en 2015. Dans le cadre du vote du BP 2017, les élus de la majorité ont adopté de nouveau une baisse de 96 385 euros, soit au total sur trois ans -229 000 €.

Ceci est assez logique puisque une demi-journée d’animation a été supprimée le mercredi matin et remplacée par une demi-journée de cours, prise en charge par l’Education Nationale naturellement.

Les comptes sont têtus…


Ajouter toutes les augmentations de dépenses et baisses de recettes de la commune, sans prendre en compte les économies et augmentations de ressources, calculer le tout sur 5 ans afin de « gonfler » les chiffres, donne évidemment une vision fausse de l’impact du quinquennat sur les finances de notre commune.

Au cours de ce mandat, certes il y aura eu des baisses de dotations, mais il y aura aussi eu de nombreuses compensations, certes il y aura eu l’imposition de dépenses, mais il y aura aussi eu des économies et finalement l’équilibre budgétaire de notre commune aura été globalement préservé.

Share This